AQM Normandie
Email : aqm.normandie@gmail.com
Flux RSS

RSE : pour un achat responsable

Le   22 octobre dernier, l’AFNOR proposait à ses parties prenantes un temps de réflexion sur les achats responsables, accueilli en cela par la société Legallais, occasion de mieux intégrer ce métier au sein de la politique RSE de l’entreprise.
Didier Chambray, représentant  le Conseil  National des Achats  (CNA), apportait  sa vision hexagonale de cette discipline au cœur du fonctionnement de l’entreprise.


Complexité du monde économique

Ce 21ème siècle voit les échanges commerciaux se mondialiser et devenir de plus en plus complexes. Le processus «achat» n’échappe pas à la règle d’autant plus qu’il représente la moitié du chiffre d’affaires de l’entreprise et reste un axe important de cette dernière.
Cette évolution a amené les entreprises à revoir leurs actes d’achats et les risques qu’ils peuvent entrainer.
Des évènements   dramatiques sont venus accélérer ces prises  de conscience telle que le travail des enfants toléré chez Nike ou plus récemment (2013), l’effondrement du Rana Plaza au Bengladesh qui a fait plus de 1.000 morts.
Les grandes marques de prêt-à-porter ont été alors  mises  en  cause.
L’évolution des lois et des normes a  in fine contraint l’entreprise  à revoir son mode de gouvernance et sa responsabilité sociétale tout au long de sa chaine de création de valeur, l’acte d’achat en étant l’un des premiers maillons.
« L’entreprise n’a plus le droit de dire qu’elle ne savait pas »  insiste l’un des intervenants.

De quoi parle-t-on

« Un achat responsable est un achat dont les impacts environnementaux, sociaux et économiques sont les plus positifs possible sur toute la durée du cycle de vie et qui aspire à réduire le plus possible les impacts négatifs » dit la norme ISO 20400 (2017).
D’autres normes ou référentiels  ont vu le jour et peuvent supporter la mise en place de ces achats responsables. Outre l’ISO 26000 (2010) qui adresse la RSE globale, on citera la norme française NF X50 135-1 . La  loi anti corruption (SAPIN 2) et l’ISO 37 000 complètent   ce tableau des outils disponibles
Enfin, le Global Compact de l’ONU prend en compte cet aspect  dans son 12ème objectif (ODD) «consommation et production responsables ».
L’entreprise peut décliner les achats responsables directement dans sa fonction achats ou, mieux, l’inscrire dans une démarche plus globale de politique de responsabilité sociétale des entreprises (RSE).

Un atout pour l’entreprise

La mise en œuvre des achats responsables est un levier efficace pour décliner  une politique de responsabilité sociétale (RSE) au sein de son organisation.
C’est un très bon vecteur de sensibilisation et de changement des pratiques sur l’ensemble de sa chaîne de valeur.
Acheter responsable ne coûte pas plus cher à l’entreprise, bien au contraire. Encore faut-il bien raisonner en Coûts Complets (TCO), en évaluant l’ensemble des coûts et des risques liés à l’acte d’achats : non qualité, risques liés à la chaine d’approvisionnement (ruptures d’approvisionnements, avarie….), fluctuation des prix, risques liés à l’image, risques réglementaires.
«  Nous devons évoluer de l’optimisation des coûts  à la création de valeur en manageant les risques » a souligné un intervenant

Ainsi, une telle démarche sera :
  • Un avantage concurrentiel  et une amélioration de l’image de l’entreprise auprès de l’ensemble de ses parties prenantes  – salariés, clients, partenaires, fournisseurs, etc.
  • Une source d’innovation grâce  aux relations de partenariats et de partage avec ses fournisseurs (eco et co-conception, co-développement, co-innovation…).
  • La création de valeur pour le client final en apportant des solutions innovantes.
La performance économique s’en trouve améliorée comme le montre une étude récente «  on constate  un écart d’environ 13 % en moyenne entre les entreprises qui mettent en place des pratiques RSE et celles qui ne le font pas ».

Pas si simple

Il existe encore de nombreux freins  à la mise en place d’un politique «achat responsable », celle-ci étant encore souvent perçue comme une contrainte, la réduction de coûts apparaissant  incompatible avec une telle politique.
Pour réussir, Les achats responsables doivent être intégrés à la stratégie globale de l’entreprise  et l’impulsion doit venir de la Direction Générale.
Le manque d’indicateurs pertinents  est aussi un handicap  sans oublier la formation ad hoc des acheteurs eux-mêmes.

Stratégie  gagnant gagnant

Parmi les entreprises participantes, Legallais a exposé ses bonnes pratiques en la matière.
Brigitte Delord, au nom de cette entreprise, a insisté sur l’importance  de transparence et honnêteté qui  doivent accompagner la démarche d’achat.
Les acheteurs s'engagent en signant la charte de l'acheteur responsable qui précise les bonnes pratiques en matière d'achat.
«  Nos fournisseurs sont également évalués en termes de RSE grâce à la plateforme  ACESIA développée par AFNOR»
Ces approches quelque peu normatives n’empêchent pas l’acte d’achat de rester à dimension humaine, loin du marchandage, dans une approche empathique et un objectif gagnant gagnant sur le plus long terme possible.



Références :
https://elya-consulting.com/achats-responsables-contrainte-opportunite/ http://www.globalcompact-france.org/p-130-odd
https://www.ademe.fr/entreprises-monde-agricole/organiser-demarche-environnementale/dossier/optimiser-achats/achats-responsables
07/11/2019
Identification
 
mot de passe oublié ?

 
actualites AQM
voir les archives
Agenda
AQM BN