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Réchauffement climatique : pour un stockage du carbone

Le mardi  5février, le SEDC proposait un atelier dédié à la «séquestration du Carbone», occasion de revisiter cette problématique de l’effet de serre amplifié par les émissions de gaz carbonique d’origine humaine.

De quoi parle-t-on ? :

Dès le 19ème siècle, les scientifiques faisaient déjà l’hypothèse que la température sur terre dépendait d’un phénomène appelé "effet de serre". En résumé, s’il fait relativement chaud sur terre, c’est parce que notre atmosphère est constituée de gaz qui retiennent la chaleur, un peu comme une serre.
On a donc su assez tôt que les gaz comme la vapeur d’eau ou le dioxyde de carbone jouaient un rôle dans le réchauffement de notre atmosphère. De ce fait, quand la composition de l’atmosphère se modifie, l’effet de serre change et cela influence la température sur terre.

Cet effet de serre est indispensable à l’équilibre des écosystèmes terrestres. Sans lui, tout serait différent car la température ne parviendrait pas à réchauffer durablement la planète. Le problème, c’est que depuis 150 ans à 200 ans, on constate que cet effet de serre semble « perturbé » et amplifié.
En résumé, la planète se réchauffe de plus en plus.
Décriée par les climato-sceptiques, l’hypothèse que l’augmentation des émissions de gaz carbonique (CO2) d’origine humaine est la cause la plus reconnue.

Pour autant, l'évolution récente des émissions de gaz à effet de serre par zones géographiques montre bien que cette augmentation ne relève pas simplement des fluctuations naturelles du climat, mais de modes de production et de consommation particulièrement impactants.

La COP21 a fixé la barre haut pour réduire ces émissions alors que, en France, la loi « Energie Climat » vise la neutralité  « carbone »(*) en 2050.
Evidemment, la première approche est de réduire  les activités humaines responsables en s’affranchissant par exemple de l’utilisation des énergies fossiles, l’autre  est de soustraire ces gaz à l’atmosphère terrestre en les «séquestrant».


L’agriculture  normande en première ligne :

La loi précitée stipule que  ce niveau de séquestration- actuellement de 8 %-devra doubler dans la période incriminée.
« A l’échelle globale, les sols et les forêts (y compris les produits issus du bois) stockent, sous forme de biomasse vivante ou morte, 3 à 4 fois plus de carbone que l’atmosphère »  souligne l’ADEME en proposant un outil d’analyse ALDO.
« Ce tableur  aide les territoires à intégrer la séquestration carbone dans leur diagnostic » précise Isabelle Diomard, au nom de la Chambre d’Agriculture.
On constate une forte disparité et forte variabilité selon les natures  de sols :
Alors que la forêt  est capable de  stocker 160 tonnes par hectare, une prairie, de 80 à 140, une culture se limite à 50 tonnes.
Le stockage carbone dans le sol concerne la matière organique qui s’y accumule lentement avec le temps.
Là aussi, on constate une forte disparité même au sein de notre département  de 2.8% (plaine de Caen) à 4.3 % (pays d’Auge).
«Augmenter de 0.004% par an ce stockage  compenserait 12% des gaz à effet de serre (GES) en France » insiste l’oratrice.

Une dynamique intéressante

Une analyse sur plusieurs décennies- hors artificialisation des sols- montre une stabilité ou même légère baisse  depuis 1995 mais une sensible hausse lors de cette dernière décennie.
«L’amélioration des pratiques agricoles  ne doit pas être étrangère  à cette tendance» ajoute Isabelle Diomard.
Ainsi, l'agriculture de conservation (AC) permet de maintenir et améliorer le potentiel agronomique des sols, tout en conservant une production régulière et performante sur les plans technique et économique.
Cet ensemble de techniques réduit le besoin en intrants (engrais, produits phytosanitaires et carburant) et repose sur 3 piliers :
  • la réduction voire la suppression du travail du sol
  • la diversification des espèces végétales
  • Une couverture permanente du sol par les cultures, plantes compagnes et couverts végétaux.
Dans les prairies, le remplacement de la fauche par le pâturage est aussi une opportunité.

On reparle des haies !

L’agroforesterie  est aussi une piste intéressante où  la  régénération les haies bocagères est à l’ordre du jour, alors qu'elles étaient sacrifiées au profit du remembrement dans les années 60.
Si leur impact sur la séquestration du carbone est faible, les haies contribuent à plus d’un titre à la biodiversité  locale.
Leur valorisation énergétique est aussi d’actualité et plusieurs exemples probants existent dans notre région.
D’ailleurs, depuis 1982, le département du Calvados finance aussi bien ce reboisement qui l’exploitation grâce à un plan de gestion des haies (PGH).
«Nous sommes sur un rythme de 25 km aidés par an » précise le représentant du département.

Conclusion

Bien qu’il faille être conscient que  cette politique ambitieuse de séquestration « carbone » ne pourra suffire à maîtriser l' effet de serre, une certaine dose d’optimisme règne à ce jour, des solutions réalistes se faisant jour pour combattre la sinistrose  ambiante (**).
Mais, ces efforts  peuvent  se trouver détruits par une absence de maitrise de l’artificialisation des sols qui reste l’un des enjeux  de la décennie dans ce domaine.

(*)Le vocable « carbone» sous-entend « gaz carbonique » qui   composé de Carbone et d’Oxygène
(**)  A titre d’exemple, on a su régénérer la couche d’ozone en supprimant les PFC, donc, rien n’est impossible lorsque la mobilisation mondiale est effective.
11/02/2020
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