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Programme alimentaire territorial : de l’analyse à l’action

Le lundi 3 février, Caen Normandie Métropole avait invité de nombreux acteurs du monde socio-économique territorial à faite le point sur le Projet Alimentaire Territorial (PAT)

Un rappel :

Prévus dans la loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt du 13 octobre 2014 (Art 39), les projets alimentaires territoriaux s'appuient sur un diagnostic partagé faisant un état des lieux de la production agricole et alimentaire locale, du besoin alimentaire du bassin de vie et identifiant les atouts et contraintes socio-économiques et environnementales du territoire.
Les projets alimentaires territoriaux répondent à l’enjeu d’ancrage territorial mis en avant dans le Plan National Nutrition Santé récemment réactualisé pour les 4 années à venir  2019-2023.
Ces projets sollicitent les 3 composantes d’un développement durable :
  • Une dimension économique : structuration et consolidation des filières dans les territoires, rapprochement de l’offre et de la demande, maintien de la valeur ajoutée sur le territoire, contribution à l’installation d’agriculteurs et à la préservation des espaces agricoles ;
  • Une dimension environnementale : développement de la consommation de produits locaux et de qualité, valorisation d’un nouveau mode de production agro écologique, dont la production biologique, préservation de l’eau et des paysages, lutte contre le gaspillage alimentaire ;
  • Une dimension sociale : éducation alimentaire, création de liens, accessibilité sociale, don alimentaire, valorisation du patrimoine.

Des enjeux locaux importants

Le représentant de la Chambre d’agriculture n’a pas manqué de rappeler combien ce thème était important pour le monde agricole
« Les agriculteurs pourrons et sauront répondre à ces appels d’offre … dans la mesure ou le prix ne sera pas le seul critère dominant »
Pour sa part, Hubert Picard, au nom de Caen Normandie Métropole s’est déclaré heureux de l’implication  du monde agricole dans ce projet stratégique au plan du territoire.


Un territoire  auto suffisant ?

Maxime Marie, enseignant chercheur à l’université de Caen, est revenu sur les conclusions  de l’analyse du système alimentaire caennais, effectuée dans le cadre du projet FRUGAL.
« FRUGAL  est un programme recherche-action centrée sur l’analyse des enjeux liés à l’approvisionnement alimentaire des métropoles du Grand Ouest et de Rhône-Alpes » a-t-il précisé où il est question d’analyser les flux, les acteurs, les systèmes et formes
«… de nombreux mémoires d’étudiants sont venus compléter l’étude ».
Il ressort de ces travaux engagés  depuis 2014 qu’ en matière de tonnage (fruits/légumes), l’agglomération caennaise est auto suffisante … en moyenne.

Evidemment, cela  ne résiste pas aux problématiques de saisonnalité et de nature des produits mais représente une excellente entrée en matière pour ce PAT.
« La part des  circuits courts caennais, hors bio, est supérieure à la moyenne  nationale »  s’est-il félicité en précisant que cela concerne surtout de grandes exploitations.
«  l’autoproduction  individuelle ou collective ( jardins partagés » est importante dans le secteur étudié  et représente 10% de la production de légumes, loin de  la part observée  dans les autres grandes métropoles » a-t-il ajouté


Vers un plan d’actions concrètes

« Nous devons passer désormais du temps de l’analyse à celui de l’action » a insisté un des animateurs de la session, 5 ateliers étant là pour dégager quelques pistes d’actions à proposer.
On s’intéressera ici à deux des ateliers, ceux  sur la «restauration collective» et  le «foncier»

Pour le premier, on précisera  que cela ne se limite pas au scolaire mais aussi aux prisons, établissements hospitaliers, EHPAD  et administrations.
La loi EGALIM donne le ton des exigences

présentes et surtout à venir.
Dans son article 24, cette loi impose  que « …. A partir de 2022, au moins 50% de produits de qualité et durables  soient utilisés dont 20% de produits biologiques…. »
L’article précise  ce que  sont les produits entrant  dans le décompte. La liste est longue et des espaces de dérogation semblent se profiler car la mise en place de cette loi sera problématique pour certaines denrées où les producteurs devront être plus flexibles.
D’aucuns regrettent que la loi n’ait pas assez favorisé le local.
La lutte contre le gaspillage reste au cœur du débat  de  l’efficience de la restauration collective.

L’association REGAL est là pour accompagner les collectivités  dans la lutte contre ce gaspillage
«  Il est important d’effectuer une campagne de pesées au moins deux fois par an » insiste un dirigeant de l’association à dimension nationale.
Dans ce domaine, la ville de Mondeville décrète chaque année « une semaine  anti-gaspillage».
On évoque aussi la création de légumeries ou conserveries de proximité sollicitant l’ESS déjà active à ce titre dans certaines régions.


Les terres agricoles : un bien précieux

La consommation de terres agricoles  et leur artificialisation est manifestement un obstacle majeur à un   PAT de qualité.
Les zones périurbaines sont confrontées à de nombreux dilemmes où le maintien de la population impose de nouveaux lotissements et une consommation  préoccupante de terres fertiles.
La densification y est alors une exigence.
En termes d’éducation,  la priorité sera donnée au milieu scolaire. Quant au lien social, le slogan «  Cultiver la ville » représente fidèlement  ce qui peut être fait.

Nicolas  Joyau, au nom de Caen la Mer, a apporté un soutien appuyé à ce projet qui n’en est qu’a ses préliminaires opérationnels  mais qui pourrait, à terme, nous inciter à modifier nos pratiques alimentaires.
                           
10/02/2020
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