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JRE 2007 : Table ronde Environnement

Participants : Vincent CIVITA, NXP ; Isabelle POUILLOUX, NXP ; Carole REMIGEREAU, CRCI BN ; Luc DUNCOMBE, Président de la Communauté d’Agglomération CAEN LA MER

Vincent Civita rappelle la définition du Développement Durable, approche basée sur 3 axes :

  • économique
  • social/sociétal
  • environnemental

L’axe environnemental est donc bien une des composantes du développement durable qui n’est pas à opposer aux deux autres axes. Il est aussi pertinent pour nos sociétés développées que pour les pays actuellement en voie de développement. L’empreinte écologique est une mesure de la consommation de ressources (nourriture, énergie, …) par les populations. Elle tend à augmenter de plus en plus rapidement et, pour les pays développés, elle illustre le fait que nous consommons plus de ressources que ce dont nous disposons localement.

Dans ce contexte, l’environnement est devenu une obligation pour les entreprises qui doivent respecter un nombre croissant de règlementations, limiter leurs impacts et recycler leurs déchets pour préserver leur image de marque et répondre aux attentes des consommateurs. L’analyse du cycle de vie est une démarche qui conduit les entreprises à analyser les impacts environnementaux de leurs produits depuis leur conception jusqu’à leur élimination en fin de vie. Cette approche permet de limiter globalement les consommations de matière et d’énergie, la production de déchets et l’utilisation de produits dangereux. L’examen des indicateurs économiques des grandes entreprises montre une corrélation nette entre leur valeur boursière et leur engagement dans le développement durable. L’environnement n’est donc pas à opposer à au développement économique.        

Isabelle POUILLOUX présente la politique développement durable de NXP France mise en place en début 2007 et déployée sur les 3 axes : la responsabilité économique, le rôle social responsable et la responsabilité environnementale. Ce dernier point entraîne une évaluation des risques pour la santé, la sécurité et l’environnement lors du lancement de chaque nouveau projet pour développer un produit ou un process. La responsabilité environnementale conduit également à réduire l’émission de gaz à effet de serre, la production de déchets, la consommation d’énergie et de fluides, l’utilisation de produits toxiques. Les ressources sont gérées en suivant une démarche d’amélioration continue basée sur les 4 phases du cycle « PDCA » (planifier, faire, vérifier puis étendre l’action) : plan de management environnemental, actions menées en impliquant le personnel dans des groupes de travail et suivies à l’aide d’un tableau de bord communiqué à l’ensemble du personnel, vérification des résultats lors d’audits, poursuite et développement de la démarche à l’issue des revues de direction. Les résultats dépassent largement les objectifs et comprennent en 2 ans  une baisse de 58% de la consommation d’eau et de 25% de la consommation électrique. L’émission de gaz à effet de serre a été réduite de 31% en 4 ans.  En matière de déchets, NXP a cessé l’enfouissement en décharge pour privilégier l’incinération et le recyclage, a réalisé une sensibilisation de tous les acteurs de l’entreprise et été parmi les premiers en France à installer des premières tours aéroréfrigérées. Ces différentes actions ont également abouti à une économie de 500 000 €.

La déconstruction d’une partie du site de NXP Cote de Nacre est présentée comme exemple de bonne pratique. La méthodologie employée a permis de limiter les nuisances du chantier, de valoriser au mieux les matériaux (30 000 T de déchets valorisés à 96%), de réhabiliter le site tout en communiquant largement en interne et en externe au cours de l’opération.

NXP met par ailleurs en œuvre l’écodesign et l’éco-conception pour le développement de ses produits : éviter l’utilisation de composés toxiques, réduire les emballages, simplifier les produits. Cette approche permet de renforcer l’image de l’entreprise mais entraîne également des réductions de coûts. Enfin NXP s’attache en interne à avoir un comportement de consommateur responsable : des systèmes sont mis en place pour récupérer les papiers, les cartons, les piles, les consommables de bureautique, les appareils électroniques, les plastiques. Ces actions permettent d’obtenir une reconnaissance des consommateurs ou de partenaires (marque Green Partner décernée par SONY).

Carole REMIGEREAU présente les actions environnement et sécurité proposées aux entreprises par la CRCI de Basse-Normandie en collaboration avec les Chambres de Commerce et d’Industrie locales. Ces actions gratuites sont organisées en 3 pôles :

  • réunions d’information (2 à 3 par an sur des thématiques d’actualité), formations (2 jours en environnement, 1 jour en sécurité) destinées à former les correspondants en charge de la sécurité ou de l’environnement dans les entreprises. Ces formations sont animées par des acteurs régionaux (DRIRE, ADEME, Agence de l’Eau, CRAM, ANACT, Direction du Travail, Médecine du Travail) et des bureaux d’étude. Chaque participant reçoit une documentation regroupant les supports des formateurs et les principaux textes réglementaires
  • outils d’échanges et de veille: la CRCI diffuse une newsletter mensuelle en environnement et sécurité annonçant les principaux évènements (réunions, conférences) et présentant le résultat d’une veille réglementaire adaptée aux préoccupations des entreprises. Les anciens numéros sont librement consultables sur le site de la CRCI. La bourse des déchets industriels www.bourse-des-dechets.fr est un outil du réseau national des Chambres de Commerce mis gratuitement à la disposition des industriels de Basse-Normandie. Enfin le réseau des correspondants environnement-sécurité est réuni 3 fois par an pour permettre aux personnes formées d’échanger et de découvrir un site industriel régional.
  • Le troisième pôle d’actions comprend:

o Les opérations collectives: l’opération énergie – 20% consiste à accompagner 12 PME: chaque entreprise fait l’objet d’un diagnostic par un consultant qui accompagne ensuite la mise en œuvre d’un plan d’action pour réduire la consommation d’énergie. Cette opération fait l’objet d’un soutien financier l’ADEME et la Région à hauteur de 75% du coût du conseil. La CRCI participe également à l’action Imprim’Vert en partenariat avec les Chambres de Métiers et de l’Artisanat de Basse-Normandie. En 2 ans, 25 imprimeries ont fait l’objet d’une visite d’évaluation qui a permis de constater le respect des critères environnementaux de la marque. La liste des entreprises Imprim’Vert bas normandes est consultable sur le site internet de la CRCI ou de la CRMA.

o L’annuaire des éco-entreprises est en ligne depuis septembre et liste les prestataires, bureaux d’études, … pour le moment essentiellement sur le domaine des déchets. Il va progressivement être étendu aux thématiques eau, air, sécurité.

o Les outils personnalisés: la CRCI propose aux industriels des pré diagnostics confidentiels portant soit sur l’environnement examiné globalement (réglementation, déchets, eau, air), soit spécifiquement sur la gestion des déchets, soit enfin sur la sécurité

Luc DUNCOMBE expose la mise en œuvre de la politique développement durable de la communauté d’agglomération de CAEN LA MER qui regroupe 227 000 habitants au sein 29 communes dont Caen. Un tiers du budget annuel est consacré au développement durable. Les compétences déléguées par les communes à la communauté comprennent l’efficacité dans le développement économique, le développement d’espace communs et l’aménagement du territoire et enfin l’animation du territoire pour préserver le bien commun.

L’application de la politique de développement durable s’appuie sur plusieurs idées :

  • respecter les générations présentes et futures,
  • responsabiliser les acteurs (exemple: faire payer les pollueurs),
  • solidarité dans le temps et dans l’espace,
  • assurer la cohérence entre le social, l’économique et l’environnement,
  • principes de précaution, de prévention, d’économie et de bonne gestion
  • principe de tranversalité et de globalité
  • participation de tous
  • principe de subsidiarité

La gestion quotidienne des projets est organisée dans le cadre d’un agenda 21 et comporte notamment les actions suivantes :

  • traitement des eaux avec une réorganisation du réseau et la mise en place d’une station d’épuration de grande capacité (400000 équivalents habitant) équipée d’un système complémentaire d’épuration par filtration naturelle,
  • mise en place d’une politique de parcs périurbains,
  • entretien du littoral
  • collecte et traitement des déchets ménagers: généralisation du tri sélectif à l’ensemble des communes de l’agglomération. L’approche globale au niveau de Caen la Mer a permis dans certains secteurs de réduire de 120 % le coût de collecte. Un numéro vert d’information a par ailleurs été mis spécifiquement à disposition. L’action est complétée par la mise en place d’une politique de déchetteries (5 actuellement, bientôt 6) et par l’utilisation du GNV comme carburant des véhicules de collecte
  • projection du film «Une vérité qui dérange»
  • le principe d’économie du territoire guide l’aménagement de l’agglomération et trouve notamment des applications dans la création de nouvelles zones commerciales ou dans l’implantation du campus technologique. La séparation traditionnelle entre des zones d’habitation et des zones d’activité conduit à générer des flux de déplacement importants et impactants sur l’environnement. Une mixité fonctionnelle (activité, habitat et transports) est donc recherchée pour éviter un trop forte spécialisation des nouveau sites.

19/11/2007
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